C'est le genre de nouvelle que l'on ne voudrait jamais avoir à entendre... On savait les perturbateurs endocriniens de plus en plus traqués dans les produits de notre quotidien -rappelez-vous l'affaire du Bisphénol A et des biberons ; ils sont depuis hier accusés d'être dangereusement présents dans nos cosmétiques. L'UFC-Que Choisir vient en effet de publier un communiqué alertant sur la composition des produits d'hygiène et de beauté. Après avoir réalisé des tests sur 66 produits, l'association y a détecté la présence de perturbateurs endocriniens. Nos cosmétiques ne seraient donc pas si inoffensifs que l'on voudrait le croire ?
Les perturbateurs endocriniens, c'est quoi ?
Les perturbateurs endocriniens sont des molécules agissant sur l'équilibre hormonal des espèces vivantes, et donc également de l'espèce humaine. Celles-ci ont trois mécanismes d'action sur les hormones. Elles peuvent imiter l'action d'une hormone naturelle, la bloquer, ou encore interférer dans la production ou le transport des hormones ou des récepteurs. Ces molécules agissent à très faibles doses et perturbent l'organisme de façon discrète mais bien réelle. En affectant la croissance, le développement, le comportement, l'énergie, le sommeil, la circulation, mais aussi la fonction sexuelle et reproductrice, elles peuvent avoir de graves conséquences sur nous et sur notre descendance. Bien sûr, l'effet dépend de la dose, mais ces perturbateurs peuvent dans les pires des cas engendrer un mauvais développement des organes reproducteurs, une reproduction perturbée ou des cancers hormono-dépendants -prostate, utérus, thyroïde... Les perturbateurs endocriniens sont particulièrement dangereux pendant les phases de développement du corps, et doivent donc être éloignés à tout prix des femmes enceintes, nourrissons, jeunes enfants et adolescents.
Et quel lien entre ces molécules et nos cosmétiques ?
D'après l'étude UFC-Que Choisir, nos cosmétiques contiendraient des perturbateurs endocriniens présents sous la forme de conservateurs, d'antibactériens, de filtres solaires et d'émollients. L'étude révèle que des niveaux de risques significatifs pour trois raisons :
- Certains produits contiennent des molécules dangereuses en quantité importante, et pourraient donc affecter les personnes qui les utilisent : c'est le cas du dentifrice Colgate Total (à cause du triclosan) et du gel douche Nivea "Water Lily&Oil" (à cause du propylparaben). J'ai utilisé et adoré ce gel douche ce week-end ; on ne m'y reprendra plus !
- De nombreux produits contiennent ces molécules en doses raisonnables, mais lorsque nous additionnons tous les produits que nous mettons sur notre peau, les doses deviennent vite dangereuses. Le triclosan a été trouvé dans des dentifrices mais aussi des déodorants ; le propyparaben quant à lui a été détecté dans neuf familles de produits...
- Des molécules différentes peuvent avoir un même effet sur l'organisme, et donc s'additionner pour créer un déséquilibre hormonal...
EUH...
Les résultats de cette étude font froid dans le dos... et pourtant, il reste difficile de savoir quels produits, chez nous, dans notre salle de bain, sont dangereux. Heureusement, les professionnels auront bientôt l'obligation d'étiqueter correctement leurs produits. Mais nous qui prenons du plaisir à nous laver, à étaler nos crèmes et à nous maquiller, en nous croyant bien au chaud, protégées de tout... Les instants de bien-être que nous nous accordons sont-ils en train de nous dérégler à petit feu ? MERDE ! On nous prend pour qui ? Pourquoi faut-il attendre qu'une association se bouge aujourd'hui pour révéler tout ça ? Ne nous dîtes pas que personne ne sait comment sont fabriqués nos cosmétiques. Je suis de celles qui ne supportent pas l'alarmisme inutile et pourtant... il faut bien avouer qu'on dirait que les logiques commerciales surpassent les règles fondamentales de protection de l'humanité. L'OMS et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement ont publié en février dernier un rapport sur les effets des perturbateurs endocriniens sur la santé. Eh bien... il serait peut-être temps d'agir.

